Concert Zouglou Makers au Palais de la Culture – Des milliers de fans en furie

L’ouragan a frappé ! Depuis pratiquement un mois la météo musicale annonçait un ouragan dévastateur sur les côtes abidjanaises, pour le 20 décembre. Eh bien, l’ouragan « Zouglou Makers...

L’ouragan a frappé !

Depuis pratiquement un mois la météo musicale annonçait un ouragan dévastateur sur les côtes abidjanaises, pour le 20 décembre. Eh bien, l’ouragan « Zouglou Makers » a frappé. Dégâts chiffrés à 4000 fans conquis. Des centaines de malheureux n’ont pu être emportés par les rafales de sons distillés par les lutins du zouglou.
Il est 17 h, ce dimanche soir. La cuvette du Palais de la Culture est déjà bondée de monde. Dehors, des centaines de malheureux, assis ou agrippés aux grilles extérieurs du Palais, la mort dans l’âme, regardent passer les ayant-droit, possédant leurs tickets d’entrée. Les tickets étaient introuvables sur le marché, deux jours auparavant. Moussa et sa copine Oro, deux jeunes teenagers venus de la commune d’Adjamé, sont de ceux-là : « On a mal fait de ne pas vite prendre les tickets. Voilà, ça. Pourtant, on tenait à voir coûte que coûte les Zouglou Makers. Ce sont nos idoles», confie Moussa. Et sa copine Oro de renchérir : « On vient d’Adjamé. Si on retourne au quartier maintenant sans voir le spectacle, je ne sais pas comment nos amis vont prendre ça. Alors qu’avant de venir ici, on a bluffé en leur disant la veille qu’on ne manquerait pas ce show ».
A l’image de ces jeunes branchés, nombreux étaient ceux qui n’avaient pas eu accès à la salle. La vente de tickets aurait été limitée juste à la capacité de salle, a-t-on, appris, pour ainsi éviter les débordements et autres casses. Une idée à saluer de « Gaou Productions », l’organisateur de ce concert.
Solidarité zouglou…
Le Palais connaît la surchauffe dès l’entame du concert. Très exactement à 18h 30 minutes. La tactique du groupe ? Ouvrir les hostilités avec un rythme chaud-bouillant. «Séyizo » est la chanson choisie pour mettre le feu. Autre tactique non moins astucieuse ? L’option de l’interaction entre le groupe et le public en furie. Une stratégie payante utilisée par le lead vocal Jean Roger et son compère Willy, de « l’attaque-chant ». A leur injonction, répondaient à tue-tête les milliers de fans devenus choristes par moments. Fait notable : le jeu « musclé » de cette machine de guerre du zouglou. Aucune fausse note émise par des instrumentistes aguerris. Autre fait remarquable : l’utilisation d’une section cuivre. Une grande première dans le zouglou. Ils ont joué des partitions impeccables dans la chanson « I go die for You », une chanson trempée dans du pur high life. Autre temps forts : la montée de guest stars surprises. Dans ce registre, Les Patrons ont fait monter la pression en improvisant un titre avec les Zouglou Makers. Que dire du passage de Petit Dénis ? La salle a tout simplement failli prendre feu, tant sa prestation a créé un « mini-séisme ». Les Patrons et Petit Denis ont une fois démontré la solidarité devenue une mesure de soupape exceptionnelle dans le milieu zouglou.
Zouglou Makers a ainsi réussi son baptême du feu, avec cette grande première dont le répertoire s’est appuyé pour l’essentiel sur les chansons tirées de l’unique album « Djamo-Djamo » du groupe. Non sans avoir inoculé quelques titres inédits, en exclusivité. Des morceaux qui augurent d’un futur album aussi tonique que le premier, eut égard à la texture des messages chantés en Français facile. Le concert s’est achevé aux alentours de 21 h30 par l’exécution de la chanson- culte, ‘’djamo-djomo’’, véritable botte fétiche de Zouglou Makers. Une chanson au travers de laquelle le lead vocal Jean-Roger et Willy « jouent » presque avec leurs voix de tête entraînantes. Un titre au travers duquel ces chanteurs démontrent qu’ils sont largement au-dessus de la mêlée dans le giron des faiseurs de zouglou. Dans ce titre aux forts accents ghanéens, les phrasées du guitariste soliste Stéphane Djirabou sont du pur caramel pour les oreilles.
On retient de ce concert de Zouglou Makers un autre coup de massue sur la tête des éternels « ivoiro- pessimistes » musicaux, adeptes de genres importés. En l’espace de trois mois, Espoir 2000, Yabongo Lova et Zouglou Makers ont mis les pendules à l’heure. Démontrant, avec le grand succès de leurs shows, que le zouglou n’a plus besoin d’être décrété véritable « carte d’identité » musicale de la Côte d’Ivoire. Il l’est sans nul doute, depuis belle lurette.

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